Bien gérer ses remboursements de médicaments
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la Sécurité Sociale dépense chaque année plus de 16 milliards d’euros pour le remboursement de quelque 2 milliards de boîtes de médicaments. Le déficit que cette situation lui cause amène de plus en plus l’assurance-maladie de la Sécurité Sociale à effectuer une baisse de certains taux, et même à « dérembourser » de plus en plus de médicaments.
D’une manière générale, l’assurance-maladie applique les taux de remboursement suivants : 100% pour les affections longue durée (ALD), 65% pour les médicaments qualifiés de « à service médical rendu important », 30% depuis le 02 mai 2011 au lieu de 35% pour ceux qualifiés de « à service médical rendu modéré » comme l’homéopathie ou certaines préparations magistrales. Attention toutefois, les pharmacies vendent aussi des produits non remboursés, qu’ils soient prescrits par ordonnance (pilules contraceptives, produits dermatologiques et anti-tabac…) ou en vente libre (sirop anti-toux, collutoires, veinotoniques…)
La solution indiquée pour compléter le remboursement octroyé par la Sécurité Sociale reste l’affiliation à une mutuelle de santé. Certains employeurs l’exigent et prennent en charge une partie de la cotisation. Au cas où on est un simple individuel, il est recommandé de passer d’abord par un comparatif d’assurance avant de souscrire à une mutuelle. Ces organismes interviennent en complément mais en respectant les règles de l’assurance maladie. C’est le cas par exemple de certains vaccins qui ne sont pas pris en charge par l’assurance maladie et ne le sont pas non plus par les mutuelles.
L’assuré doit savoir bien gérer les impacts possibles de la différence entre médicaments génériques, moins coûteux, et médicaments de marque qu’on appelle aussi princeps. L’assurance maladie applique le même taux de remboursement même si le princeps est plus cher, ce qui l’amène à encourager la prescription de génériques par les praticiens. Pour ce faire elle a créé un tarif forfaitaire de responsabilité ou TFR qui sert de référence pour le remboursement de certains médicaments. Il est actuellement appliqué à environ 850 médicaments sur 1850 catalogués comme remboursables. Premier cas, le patient accepte d’acheter un médicament générique, il aura la même qualité de soin et dépensera moins. Deuxième cas, il insiste pour utiliser un médicament de marque, il le paiera plus cher, tout en étant remboursé uniquement sur la base du TFR. Il ne faut donc pas hésiter, le cas échéant, à demander à son médecin de prescrire un médicament générique.
On parle aussi beaucoup de ce qu’on appelle le « Tiers Payant en Pharmacie », pratiqué par beaucoup de mutuelles. Il s’agit pour le pharmacien de se faire payer directement par l’organisme assureur, l’acheteur ne payant plus à la caisse que le reliquat non pris en charge par son assurance maladie ou sa mutuelle. A chaque fois le pharmacien demandera la carte vitale et la carte mutuelle du client pour ne pas tomber sur quelqu’un qui ne serait plus couvert depuis son dernier passage. Mais il faut aussi savoir que le pharmacien n’est pas obligé d’accepter un règlement par Tiers Payant.
La France est un des pays les plus stricts en matière de commercialisation de produits pharmaceutiques puisque même ceux non remboursés ne peuvent être vendus qu’en pharmacie. Il n’empêche qu’elle accepte la vente de produits de parapharmacie sur internet. Beaucoup de sites de parapharmacies se placent sous le contrôle d’un pharmacien qui en est le responsable juridique. Attention quand même, il est possible que malgré cette garantie, la mutuelle n’accepte pas d’accéder au remboursement…
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